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Etude sur les programmes de réinsertion au Maroc et en Tunisie

Dans le cadre du projet SURE du CIF-OIT, une étude de recherche a été effectuée par Forum Internazionale ed Europeo di Ricerche Sull’Immigrazione (FIERI) entre Septembre et Décembre 2018, dans le but d’analyser la manière dont le Maroc et la Tunisie abordent la réintégration sociale et professionnelle de leurs ressortissants rentrés au pays après une expérience migratoire à l’étranger.

L’étude se propose d’examiner les données existantes au niveau national, et d’entreprendre une analyse comparative des stratégies des pays cibles en matière de politiques de retour et de réintégration des ressortissants émigrés. Des recherches empiriques ont été menées au travers de deux missions sur le terrain au Maroc (fin octobre 2018) et en Tunisie (début novembre 2018). Les chercheurs en charge des enquêtes sur le terrain ont réalisé des entretiens semi-dirigés poussés avec les principales parties prenantes (acteurs institutionnels, acteurs non étatiques et experts indépendants) dans les deux pays ciblés. Finalement, un ensemble de recommandations ad hoc a été formulé afin de soutenir le renforcement des initiatives existantes et la mise en place de programmes de réintégration plus solides en faveur des migrants de retour dans les deux pays visés.

Les rapports nationaux et le rapport régional comparatif de cette étude seront bientôt disponibles sur notre site web.

Lorenzo Gabrielli a assuré la coordination de l’équipe de recherche ; les recherches de terrain engagées au Maroc et en Tunisie ont été menées par Jesús García-Luengos et Gaia Testore, respectivement ; et la coordination scientifique du projet pour le compte de FIERI a été assurée par Ferruccio Pastore.

Lancement du premier atelier SURE au Maroc

Les 17, 18 et 20 décembre 2018, l’Institut de formation du Ministère du Travail et de l’Insertion Professionnelle (MTIP) à Rabat, Royaume du Maroc, a accueilli un atelier sud-sud consacré à l’amélioration de la gouvernance de la migration pour l’emploi en Afrique et dans les pays arabes, inauguré par Son Excellence Mohamed Yatim, Ministre du Travail et de l’Insertion Professionnelle.

Cet atelier, organisé conjointement par le MTIP (Direction de la Coopération Internationale et Institut de formation), l’Organisation Internationale du Travail (Bureau d’Alger pour l’Afrique du Nord, Centre International de Formation, et MIGRANT), et l’Organisation Arabe du Travail, entendait inaugurer la « création d’un espace de réflexion, de formation et d’échange de bonnes pratiques ».

Son public cible était composé de haut-es fonctionnaires des ministères du travail en charge des questions migratoires. Onze pays étaient représentés (Afrique du Nord, Afrique de l’Ouest et Afrique centrale) : Cameroun, Egypte, Guinée, Liban, Libye, Maroc, Niger, Tunisie, Palestine, Qatar, Sénégal.

L’atelier de décembre 2018 a été conçu comme la première étape d’une dynamique longue de renforcement des capacités des acteurs en charge de la gouvernance des migrations de travail.

Au cœur de cette dynamique se trouve l’élaboration d’une offre de formation innovante, en phase avec les normes internationales du travail et de la migration, mais aussi avec les besoins spécifiques identifiés par les acteurs du sud. Cette offre de formation s’appuiera à terme sur un réseau de formateurs-trices et d’expert-es puisé-es dans le vivier des meilleurs instituts de recherche et de formation des pays en développement afin de consolider les partenariats sud-sud et d’accroître la capacité de ces pays à mobiliser et faire prospérer les talents qui y sont disponibles.

Cours du CIF/OIT sur la négociation des accords bilatéraux de travail

On assiste dernièrement à un retour en force des accords bilatéraux et des protocoles d’entente en tant qu’outils facilitant le mouvement transfrontalier des travailleurs dans le cadre des migrations de main d’œuvre.

S’il est vrai que les accords bilatéraux peuvent jouer un rôle important dans la protection des droits des travailleurs migrants, ces instruments présentent dans la pratique un certain nombre de défauts concernant leur conception, leur contenu, leur suivi, leur mise en œuvre et leur impact.

Afin de répondre à ces défis et opportunités, le CIF-OIT a organisé la première édition du cours de formation sur la négociation des accords bilatéraux de travail, en vue de renforcer le potentiel des accords bilatéraux de travail à améliorer la gouvernance de la migration de main d’oeuvre, la promotion et protection des droits des travailleurs migrants, et intensifier les liens entre la migration et le développement. L’objectif global du cours a été de renforcer les compétences techniques en matière de négociation des fonctionnaires susceptibles de travailler et participer à l’adoption et le suivi des accords bilatéraux et/ou multilatéraux.

Le cours a été suivi par 24 participants originaires de 10 pays différents, avec une représentation notable de fonctionnaires publics et de représentants des organisations de travailleurs et d’employeurs nord-africains (en particulier du Maroc, la Tunisie et la Mauritanie). Tout au long du cours, qui a contribué au renforcement du dialogue interrégional Sud-Sud dans le cadre des migrations de main d’œuvre, les participants de ces régions ont été amenés à réfléchir sur le rôle des accords bilatéraux en tant qu’outils ayant le potentiel de promouvoir non seulement, une expérience positive des travailleurs à l’étranger, mais également une réintégration sociale et professionnelle fructueuse dans le cas du retour éventuel des travailleurs migrants à leur pays d’origine.